Des variations qui s’expliquent
Mais comment se fait-il que la durée de vie moyenne évolue ainsi au fur et à mesure de l’existence?
Chaque tranche d’âge est confrontée à des risques de mortalité différents. Le meilleur exemple, c’est la première année du nourrisson. En Suisse, en 1900, la durée de vie d’un nouveau-né de sexe masculin n’était que de 53,2 ans, mais elle passait à 62,5 ans pour un enfant de 12 mois. Autrement dit: le niveau de mortalité était massif la première année, ce qui, heureusement a bien changé aujourd’hui. Mais s’il est resté faible jusqu’à 14 ans, on constate, ensuite, une nette augmentation pour les adolescents et les jeunes adultes, confrontés, notamment, aux risques d’accidents.
De même, si le taux de mortalité continue de chuter pour les femmes, les progrès sont moindres à certains âges. Les chercheurs mettent ce phénomène en parallèle avec des causes de décès spécifiques, par exemple celle due au cancer du sein, dont on a remarqué que sa mortalité avait moins diminué entre 60 et 70 ans qu’avant et après.
En moyenne générale, l’espérance de vie a, cependant, progressé de quatre mois par an pour les hommes et de deux mois et demi pour les femmes depuis 1990. Mais, selon l’étude du SCRIS(2), la tendance s’essouffle et la hausse ne devrait être «que», respectivement, de 1,8 mois et de 1,7 mois jusque vers 2030, pour diminuer à moins de 1,2 mois après 2050.