Un pilote dans l’Airbus bordelais
Ce serait faire injure à Alain Vironneau, président du CIVB depuis l’été passé, que d’affirmer qu’il n’y a pas de pilote à Bordeaux. Car ce propriétaire de deux châteaux en Côtes-de-Bourg et Fronsac est un ex-pilote de l’armée de l’air française, reconverti dans la vigne. Ces dernières années, Bordeaux a frappé les esprits par la crise cyclique de son vignoble. En vingt ans, il a perdu la moitié de ses surfaces en cépages blancs, tandis que les appellations d’origine contrôlée (57 AOC pour 123 000 hectares) progressaient en rouge. Ce vignoble, huit fois plus vaste que celui de la Suisse, a produit entre 6,8 millions d’hectolitres en 2000 et 5,5 en 2003 (5,9 en 2005). Selon le président du CIVB, l’équilibre est à 5,5 millions d’hectos: «On baisse les rendements pour n’avoir à vendre que ce qu’on produit.» Et la qualité? «Cette course aux bas rendements est une course pour être meilleurs! Les bordeaux n’ont jamais été aussi bons. Nous misons sur la qualité du produit en rapport avec son prix. Ainsi, Bordeaux peut se positionner sur tous les marchés.» Bordeaux, comme le reste de la France, vient aussi de lancer des «vins de pays». «Ils ne représentent que 26 000 hl en 2005. Les gens veulent des AOC (appellations d’origine contrôlée)», assure encore Alain Vironneau.