D’Allobrogie ou de Perse, un cépage de légende(s)
D’où vient la syrah, cépage qui a le vent en poupe, d’Australie à la Californie?
La région comprise entre Vienne et Tain- l’Hermitage la revendique. Des recherches ADN ont confirmé une parenté avec des cépages du sud de la France et donnent raison à ceux qui pensent que la syrah est le cépage des Allobroges, dont la culture est antérieure à la conquête de la Gaule par les Romains. Une autre légende, propagée à Tain-l’Hermitage, voudrait qu’un chevalier, Henry-Gaspard de Sterimberg, l’ait ramenée d’une croisade, au début du 13e siècle. Que la syrah soit le cépage des Allobroges n’exclut pas une migration soit de Syracuse, en Sicile, où les Grecs l’auraient implantée, soit, de Shiraz, en Perse, voire de Shiraz à Syracuse!
Ce qui est plus clair, c’est son arrivée en Valais. Claude-Henri Caruzzo (dans Cépages du Valais) cite l’année 1926. Chef du service de la viticulture, Henry Wuilloud ramena quelques pieds de vigne de Tain, qu’il plaça en son Domaine de Diolly, à Sion. En 1937 — il y a 70 ans tout juste —, il en replanta 500 pieds. Dans les années 1960, son successeur, Jean Nicollier, l’imita au Domaine de l’Etat du Grand-Brûlé, à Leytron. Depuis, des vignerons-encaveurs, dont Simon Maye, à Saint-Pierre-de-Clages, n’ont cessé de la multiplier.