Savoir-faire contre tradition
Il y a juste vingt-cinq ans, le Brunello était le premier vin d’Italie à obtenir la DOCG («Dénomination d’origine contrôlée et garantie», le sommet de la hiérarchie italienne), suivi du Vino Nobile. Les deux étaient classés depuis quinze ans DOC.
La codification de l’encépagement, exclusivement du sangiovese nommé «brunello» à Montalcino (1900 ha pour 183 embouteilleurs), du système de culture, du quota de vendange (56 hl de vin par ha, 45 en moyenne officielle) et du vieillissement (deux ans au moins en fût de chêne et mise sur le marché cinq ans après la vendange), pouvait suffire, alors. Aujourd’hui, les producteurs de Montalcino sont tentés d’«écrémer» leurs raisins et de distinguer les meilleurs terroirs, comme en Bourgogne, tandis que d’autres soutiennent que les meilleurs Brunello proviennent de l’assemblage des parcelles, comme à Bordeaux, mais sur des domaines souvent très morcelés.
A Montepulciano (1225 ha pour 65 embouteilleurs), les exigences sont moindres: 70% de sangiovese, appelé ici «prugnolo», 20% maximum de cannaiolo, complété par d’autres cépages et vieillissement de trois ans pour le Vino Nobile, qui a aussi ses cuvées de prestige…