
Pesticides dans le pain: le bio tient ses promesses
Pains Les produits bio et IP-Suisse que nous avons fait analyser ne contiennent pas de pesticides. En revanche, près d’un tiers des pains conventionnels présentent des résidus ou des traces de substances phytosanitaires.
Les pains vendus en Suisse contiennent-ils des résidus de pesticides? La question méritait d’être posée: l’agriculture conventionnelle en utilise lors de la culture du blé et pendant le stockage des céréales....
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Vingt-huit pains, 560 molécules
En Suisse, la majorité des consommateurs achètent leur pain au supermarché. Nous avons donc décidé de tester 28 pains provenant des deux enseignes principales, Migros et Coop, ainsi que des deux hard discounters Aldi et Lidl. Nos choix ont été délibérément variés, incluant des pains frais et des pains toasts, mi-blanc, complets ou même protéinés.
Nous voulions savoir si les pains bio et IP-Suisse tenaient leurs promesses en matière de contaminants, le blé IP-Suisse étant annoncé comme «produit sans fongicides, insecticides et régulateurs de croissance». Notre panier comprend ainsi neuf aliments bio et trois IP-Suisse. D’autre part, nous avons placé dans nos caddies 16 pains «conventionnels», c’est-à-dire ni bio ni IP-Suisse.
Ce large éventail a été confié à un laboratoire expert dans le domaine des pesticides et des contaminants. Ce dernier a traqué 560 molécules. Il n’existe pas de valeurs maximales en Suisse pour la présence de résidus de pesticides dans le pain. Concernant les deux substances trouvées, les valeurs maximales dans le blé (non bio) sont de 2 mg/kg pour la cyperméthrine et de 20 mg/kg pour le pipéronyl-butoxyde. Il n’y a pas de valeurs maximales directes pour la farine.
Des substances tout sauf anodines
Quel est l’état actuel des connaissances sur la cyperméthrine et le pipéronyl-butoxide? Voici quelques éléments relevés par Aurélie Berthet, responsable de recherche au Département Santé, travail et environnement d’Unisanté (VD). La cible principale de la cyperméthrine est le système neuromusculaire. C’est un composé neurotoxique dans les études effectuées sur les animaux. Il n’y a pas de preuves qu’il soit un reprotoxique (toxique pour la reproduction) ou un perturbateur endocrinien, mais les données manquent. C’est aussi un cancérigène possible chez l’humain, classé 2B, ce qui signifie que les preuves sont limitées chez l’animal et insuffisantes pour l’homme.
«L’organe cible du pipéronyl-butoxyde semble être le foie, dans les études animales, poursuit Aurélie Berthet. Mais les effets hépatiques ont été observés seulement à fortes doses et temporairement. C’est un cancérigène possible pour les humains, classé 2B.»
