Trois ans d’injections hebdomadaires puis mensuelles
Il existe un traitement rapide de six à huit injections présaisonnières, mais la procédure sous-cutanée classique dure trois ans. Elle débute par une première phase de trois mois avant la saison pollinique, par exemple en octobre, et se fait alors au rythme d’une injection hebdomadaire chez le spécialiste. Elle se poursuit avec une injection mensuelle qui peut être effectuée chez le généraliste. Après cette dernière, il faut attendre une demi-heure en salle d’attente, pour qu’une éventuelle réaction puisse être prise en charge immédiatement. La démarche est donc fastidieuse, mais pour François Spertini, elle permet un «suivi très précis du patient, assurant ainsi qu’il prend bien son traitement» alors que, par voie sublinguale, le médecin voit la personne tous les trois à six mois, puisque les prises peuvent se faire à domicile.
Selon notre expert, l’immunothérapie est efficace 5 à 10 ans. Ensuite, les symptômes peuvent revenir petit à petit, «surtout chez les gens qui ont été désensibilisés à l’adolescence». Pour les autres, ce retour est souvent modéré, voire inexistant, car la sensibilité aux allergènes diminue autour de la cinquantaine, et même avant. Pour les personnes qui ont des réactions croisées, c’est-à-dire une sensibilité à certains aliments, le plus souvent bénigne, que leur système immunitaire confond avec les pollens (par ex. bouleau et pommes), «il peut arriver que la désensibilisation permette d’apaiser en même temps l’allergie alimentaire», relève le Centre d’allergies suisse sur son site aha.ch. «C’est plutôt rare, remarque François Spertini, et personnellement, je ne garantis jamais cet effet.» Dans l’autre sens, l’immunothérapie ne fait pas naître d’allergies alimentaires.
Le traitement est totalement remboursé par l’assurance de base, déduction faite, le cas échéant, de la franchise et de la quote-part, et il revient à environ 6000 fr. sur trois ans.