En détail: Un traitement qui passe encore par la Géorgie
Faire la queue à la pharmacie, y déposer un échantillon et revenir un peu plus tard récupérer la préparation de phages qui correspond à son infection: un véritable traitement sur mesure auquel sont habitués les Géorgiens, car dans l’ex-république soviétique, la phagothérapie est restée courante. En Suisse, on est encore loin d’un tel scénario. Aujourd’hui, il n’existe pas le moindre médicament homologué à base de phages. Même les hôpitaux n’y ont pas accès, y compris pour les patients en danger de mort.
Seule solution, prendre l’avion!
«Il est dommage qu’on ne puisse plus proposer ce genre de traitement chez nous, déplore Grégory Resch. La seule solution, aujourd’hui, est de prendre un billet d’avion pour la Géorgie»! On y trouve, en effet, un institut spécialisé en la matière et qui collabore régulièrement avec plusieurs instituts de recherche occidentaux. Le spécialiste ne déconseille pas le voyage: «Plusieurs patients atteints d’infections bactériennes multirésistantes et en impasse thérapeutique ont vu leur état s’améliorer, parfois nettement. En outre, je n’ai pas connaissance de la survenue de problèmes sérieux.»
Mais les choses pourraient bientôt changer. En France, dans certains cas bien particuliers (impasse thérapeutique et pronostic vital engagé, notamment), un comité d’experts peut accorder une autorisation temporaire d’utilisation pour les phages. Une dérogation du même genre existe en Suisse, mais elle s’est heurtée, jusqu’ici, à des difficultés pratiques insurmontables. Ainsi, l’an dernier, le dépôt d’une demande d’utilisation expérimentale, bien qu’autorisée par Swissmedic, n’a pas abouti car aucune préparation de phages respectant les standards occidentaux n’était disponible au moment voulu. Pour remédier à ces difficultés, le CHUV travaille actuellement à l’établissement d’une unité de phagothérapie. Elle permettrait de donner à des patients individuels un accès à ces traitements prometteurs