Dans le détail
Les critères du test
Nous avons acheté quarante légumes, la même journée, dans les principales enseignes suisses. Notre avons mis dans notre panier des aubergines, des brocolis, des concombres, des poivrons, des carottes, des tomates, des courgettes et des oignons. Les légumes, emballés ou vendus au détail, proviennent de Suisse, d’Espagne, d’Italie, du Maroc, de Hollande, de Turquie et de Belgique. Un laboratoire suisse a recherché plus de 500 pesticides. Lors de l’évaluation, les légumes contaminés par des résidus de quatre pesticides ou plus ont été dévalués d’un rang dans l’échelle d’évaluation, passant, par exemple, d’une contamination moyenne à forte.
Eclairage
Des cocktails inquiétants
Comme le montre notre test, les quantités trouvées de pesticides ne dépassent que rarement les limites légales. Mais ces plafonds ne tiennent pas compte de l’«effet cocktail», puisqu’ils se focalisant sur chaque substance séparément. Du coup, beaucoup de producteurs de légumes non bio ont trouvé la parade. Ils utilisent plusieurs traitements chimiques en veillant à respecter les normes de chacun.
Selon les autorités compétentes, la présence d’un pesticide, dans le respect des normes fixées, ne pose pas de problème pour la santé. Mais il n’existe pas d’étude scientifique qui détermine les incidences sur la santé de plusieurs substances combinées, y compris lorsqu’elles sont toutes en deçà des valeurs limites. En fait, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) travaille actuellement à «développer des méthodes permettant d’évaluer les risques». Une mission loin d’être évidente, selon le Dr Tobin Robin de l’EFSA: «Comprendre comment des produits chimiques combinés se comportent est une question extrêmement complexe. Et le nombre de combinaisons est potentiellement infini.» Certaines études tendent à montrer que les mélanges multiplieraient les effets. Outre le temps nécessaire pour mettre au point des méthodes d’évaluation fiable, il faudra également compter avec les lobbys de l’agrochimie qui n’hésiteront pas à tout faire pour préserver leurs intérêts. Les chimistes cantonaux ainsi que Bon à Savoir et ses partenaires alémaniques K-Tipp, saldo et Gesundheitstypp demandent que des limites maximales globales soient aussi fixées lors de la présence de plusieurs pesticides.