Eclairage
Un bisphénol peut en cacher un autre
Dans les pays voisins, et en Suisse lorsque la législation aura été adoptée (lire ci-contre), la mention «BPA free» sur les emballages ne signifie pas que le produit ne contient pas de bisphénol. La substance de remplacement, le plus souvent du bisphénol F, est moins étudiée, et donc moins connue que la version A. Elle représente ainsi un danger potentiel supérieur (lire «Si la moutarde vous monte au nez, pas de danger!», BàS 7-8/2015).
De plus, tous les bisphénols continuent d’être évalués selon le critère de base de la toxicologie: c’est leur quantité qui en fait des poisons. Or, c’est oublier un peu vite que les bisphénols A et F, notamment, sont des perturbateurs endocriniens (PE). De nombreuses études scientifiques démontrent les actions de ces substances sur l’organisme à très faibles doses déjà.
La véritable réponse face aux perturbateurs endocriniens n’est pas la limitation des expositions, mais bien leur suppression. Une réalité que les différents services de santé publique peinent à appréhender. Les PE ont des effets plus importants à petites doses qu’à hautes doses. En cela, ils bouleversent les fondements même de la toxicologie moderne.
Pour sortir de cet engrenage, il est indispensable qu’une définition claire des PE soit émise, ce que la Commission européenne tarde à faire, afin qu’une réglementation cohérente puisse être établie.