Eclairage
La «taxe suisse» n’a pas disparu
Ce n’est un secret pour personne, les livres coûtent moins cher en France. Nettement moins cher, même, depuis la dépréciation de l’euro face au franc en 2008. Nous avons profité de notre comparatif de prix des livres de poche face aux grands formats pour refaire le point.
Près de 50% plus cher
Force est de constater que la différence peine à s’orienter à la baisse: nos douze ouvrages coûtent, en moyenne, 44% plus cher dans les grandes librairies suisses qu’en France, pays qui connaît un prix unique du livre depuis 1981. Le policier de Joël Dicker est le seul qui s’en sort honorablement, ce qui est logique, puisqu’il est coédité par un éditeur suisse (+4,5% pour le grand format et +19,9% pour le «poche»). La différence augmente lorsqu’on ne considère que les livres de poche, Dicker exclu: +53%, avec une pointe à +69% pour le dernier Murakami. En chiffres absolus, c’est l’Inferno de Dan Brown en grand format qui termine au fin fond du classement. On gagne près de 15 fr. en l’achetant chez nos voisins (24.90 fr. contre 39.10 fr.).
Taxe à la frontière
La situation est toutefois «moins pire», si l’on peut dire, qu’au lendemain de la chute de l’euro, où l’on pouvait observer des prix allant du simple au double. Rappelons que, comme nous l’avons montré dans notre comparatif de l’an dernier (lire «Prix du livre: l’euro a bon dos», BàS 4/2015), les principaux responsables de ces majorations sont les diffuseurs, qui fixent le prix de référence du livre en appliquant, au passage de la frontière, une tabelle de conversion euro-franc très largement à leur avantage...