Ouvrir une voiture est un jeu d’enfant
Expert en sécurité auprès du cabinet berlinois Bundpol, Udo Hagemann a illustré les problèmes de sécurité des systèmes «Keyless go» en ouvrant les voitures suivantes: BMW X3, BMW 530 GT, Hyundai Santa Fe, Infiniti G37S et FX50 S, Jaguar XF et XK, Nissan GT-R et 370Z, Renault Laguna GT et Volkswagen Passat.
Pour la démonstration, il a simulé le mode opératoire des voleurs œuvrant en binôme. A l’aide d’un appareil à ondes radio, il a pu récupérer le signal de chaque dispositif en se tenant à deux, voire à trois mètres de la clé. Un complice attend à côté de la voiture avec un deuxième appareil qui reçoit le signal et le transmet à la voiture pour qu’elle déverrouille les portières. Il suffit ensuite de s’installer au volant et de démarrer sans qu’aucune clé soit nécessaire! Comme la distance entre les deux appareils radio va jusqu’à 400 mètres, les voleurs peuvent opérer très discrètement.
Mieux protéger son véhicule
Aucun dispositif ne peut se targuer d’être inviolable. Un voleur expérimenté est capable de déjouer tous les pièges que lui tend une voiture bien sécurisée. Mais, comme il doit généralement opérer rapidement et discrètement, tout ce qui lui complexifie la tâche peut l’inciter à changer de proie. C’est pour cette raison que plusieurs obstacles valent mieux qu’un. Toutefois, avant de barder son véhicule d’antivols, le bon sens permet aussi de réduire les risques.
Primo, il est conseillé de se garer dans des lieux de passage régulier, voire bien éclairé durant la nuit, pour rebuter les crapules qui aiment la discrétion.
Secundo, aucun objet susceptible d’attirer leur attention ne doit être laissé dans l’habitacle.
Tertio, il est recommandé de ne pas déposer son trousseau – celui des doubles compris! – dans un endroit trop évident à domicile (porte-clé mural, poche d’une veste bien visible, etc.). On limite ainsi le risque de «home jacking», phénomène qui voit le voleur s’introduire dans un logement pour s’emparer des clés.
Ces mesures simples ne remplacent évidemment pas un antivol. Voici quelques dispositifs qu’on peut combiner pour augmenter le niveau de sécurité.
⇨ Alarme: certaines voitures sont dotées d’une alarme d’origine. Pour les autres, il est possible d’en installer une après coup, avec des prix qui démarrent à moins de 100 fr. Mais, pour un système performant qui combine plusieurs fonctions comme la protection contre l’infraction et le soulèvement ainsi que l’alerte à distance, il faut débourser 300 fr. au moins.
⇨ Traceur: un boîtier GPS dissimulé dans le véhicule permet de le localiser en tout temps. Certains appareils basiques sont certes disponibles pour moins de 100 fr. Mais, pour avoir une localisation plus précise et des fonctionnalités sophistiquées (alerte automatique, coupure du moteur à distance, etc.), il faut investir davantage (dès 200 fr.). Les limites du traceur? Dans un endroit trop fermé (garage souterrain, etc.), le signal est souvent interrompu.
⇨ Antivols mécaniques: il existe une large panoplie de systèmes, comme la canne qui bloque pédales et volant ou la barre de volant. En fonction de leur qualité, les prix varient d’une vingtaine de francs à plus de 100 fr. Il s’agit de solutions certes simples, mais qui ont un effet dissuasif évident: si le malfrat a le choix entre plusieurs véhicules, il choisira le plus facile à forcer. Dans des lieux réputés sensibles, le sabot de roue (dès 70 fr.) peut, lui aussi, faire tout son effet.
⇨ Coupe-circuit: c’est une mesure qui ne coûte que quelques francs aux plus bricoleurs et qui peut faire renoncer un voleur pressé. En bref, il suffit de relier un câble d’alimentation (démarreur, pompe à essence, etc.) à un interrupteur que l’on dissimule dans son habitable. Pour moins de 20 fr., il existe également des coupe-batteries qui se branchent très facilement.