Pas de solution miracle
Difficile, dans cette mésaventure, de mettre une ou plusieurs erreurs sur le dos de notre lecteur ou de sa banque. Bien sûr, dans ce cas précis, avoir contracté l’emprunt en euros plutôt qu’en francs l’aurait tiré d’affaire. D’une part, parce que la devise suisse s’est appréciée: salarié en francs, le remboursement de sa dette en euros lui aurait donc coûté moins cher ces cinq dernières années. D’autre part, parce que, lors de la revente forcée de son bien, il n’aurait eu que la perte de valeur de la maison à supporter (25 000 €), et non celle liée à la dévaluation de l’euro. Mais, dans la situation inverse, si le franc s’était déprécié et que notre lecteur n’avait pas revendu sa maison, le remboursement de son emprunt en euros lui aurait coûté plus cher, année après année…
Prédire l’évolution du cours des devises est un exercice que même les meilleurs analystes ne parviennent pas à faire de manière convaincante. Autrement dit, l’acheteur doit faire le calcul suivant: s’il est absolument certain de conserver son bien jusqu’au remboursement intégral du prêt (mais qui peut l’être?), mieux vaut le contracter dans la devise de son salaire pour minimiser les risques liés au change. En revanche, s’il y a un risque de revente de la maison peu après l’achat, mieux vaut le conclure dans la devise dans laquelle le bien est acheté.