Une chaudière, mille radiateurs
En Suisse, 3% des bâtiments sont raccordés à un chauffage à distance (CAD). Lequel se présente comme un immense chauffage central qui distribue sa chaleur dans un réseau. Les bâtiments y sont raccordés par des conduites qui acheminent l’eau chaude et récupèrent l’eau froide. Un même réseau peut alimenter trois, quatre, ou des centaines de logements.
Plus besoin, pour le propriétaire, de chaudière individuelle, de citerne, de cheminée ou de combustible: la maison ne dispose que d’un échangeur de chaleur qui récupère celle-ci pour l’injecter dans les conduites et d’un compteur individuel qui servira de base à la facturation. Un contrat de longue durée (20 ans, voire davantage), le lie au fournisseur qui se chargera de l’entretien contre un prix forfaitaire.
En Suisse, la principale énergie employée provient des usines d’incinération d’ordures ménagères (40%) telles que celle des Cheneviers près de Genève (photo). Le gaz naturel suit avec 31,3% et un peu plus du quart (27,2%) est fourni par la récupération de chaleur des centrales nucléaires et d’épuration, ainsi que la combustion de pellets et de pompes à chaleur. Enfin, 1,5% provient de mazout utilisé en appoint.
Sur le plan écologique, le CAD optimise la combustion et diminue massivement les rejets de CO2. «Lorsque la source est renouvelable, c’est un excellent moyen de substituer l’énergie fossile qui a quintuplé en 50 ans en Suisse», relève Guy Jacquemet, ingénieur au Service de l’énergie et des forces hydrauliques valaisan. D’où les aides financières concrètes proposées par plusieurs cantons. Sur certains sites (voir tableau), le raccordement au CAD existant est même obligatoire lors de nouvelles constructions ou du remplacement d’une chaudière existante, à moins de recourir à une source d’énergie renouvelable.