Traditionnel en rouge, l’assemblage de cépages, en blanc, est plus récent. Il exige une maîtrise de la vinification. Les pros réputés s’en tirent le mieux, comme le montre notre dégustation.
Longtemps, le monocépage, à l’image du chasselas suisse (on dégustera les 2014 arrivés sur le marché ce printemps), du chardonnay et du sauvignon mondialisés, triomphait dans les rayons des supermarchés....
L'accès à ce contenu est résérvé aux abonnés "Bon à Savoir"
Longtemps confiné dans l’anonymat qui arrange le producteur – en France et en Italie, la mention de l’appellation d’origine contrôlée interdisait même de donner le détail des variétés: le consommateur n’avait qu’à savoir! –, l’assemblage affiche fièrement ses cépages. Sur l’étiquette du Château Bonnet, AOC Entre-Deux-Mers, le sauvignon, le sémillon et la muscadelle, trois cépages typiques du Bordelais, sont écrits en lettres capitales.
Les Suisses sont plus discrets… L’As de Cœur affiche ses trois cépages, le chardonnay et ses deux clones dérivés – croisés tous les deux par Changins avec du chasselas – le charmont et le doral. Mais difficile de dire ce qui complète le chasselas dans le Domaine de Valmont: la contre-étiquette affirme que le domaine morgien Grand Cru, compte «31 hectares dont un tiers de chasselas et deux tiers de cépages rouges», mais mentionne néanmoins en petites lettres «assemblage blancs» (avec un curieux «s» final!). Ce n’est d’ailleurs pas la seule faute d’accord: le vin schaff-housois se donne un air francophone avec une «cuvée», mot féminin, flanquée de l’adjectif «blanc» au masculin. Quant au valaisan, l’Apologia Bianco, il se met à parler l’italien! Et même quand ils proclament leurs cépages, les assemblages ne divulguent pas leurs secrets d’élaboration: vinifications et élevage divers. Ici ou là, on a cru repérer des arômes boisés: fûts ou copeaux? Mystère et boule de gomme!