L’ennemi N° 1: l’oxydation
Boire du vin vendu en petit flacon est-ce utile, sinon pour s’éviter la tentation? Sans doute davantage pour le mousseux et le blanc que pour le rouge. Ce dernier, surtout s’il est puissant, peut en effet «tenir» trois ou quatre jours au réfrigérateur, en bouteille d’origine entamée, mais correctement refermée avec son bouchon.
En revanche, les «vacuum» (vide d’air avec une petite pompe) sont peu fiables, tout comme la cuillère sur la bouteille de champagne! Car l’ennemi N° 1 est l’oxygène, qui entraîne l’oxydation du vin.
Nos confrères québécois du magazine Vins & Vignobles ont été enthousiasmés par un bouchon de la maison Pulltex, appelé «AntiOx», qui «interrompt le procédé d’oxydation» par un procédé «révolutionnaire» de filtre carbone breveté. Le vin tient plusieurs jours sans dommage, permettant ainsi d’en boire 1 ou 2 dl par jour seulement, sur une bouteille de 7,5 dl. Ce bouchon coûte autour de 25 fr.
Soutenu par le gourou américain Robert Parker, le «Coravin Wine Access System» a été, quant à lui, présenté aux Etats-Unis fin 2013. Il s’agit d’une fine aiguille qui perfore le bouchon pour en extraire juste le vin qu’il faut. Puis le système remplace l’air par un gaz inerte (argon). Ensuite, on retire l’aiguille de la bouteille «pressurisée» et l’élasticité du liège permet au bouchon de se reformer jusqu’à la ponction suivante. Deux bémols: le procédé, pas encore vendu en Suisse, coûte 299 €. Et il faut y ajouter le gaz inerte, assez cher (42 € pour six capsules, soit pour compenser 9 l).
Le tenancier du bar à vins TapasCow, à Cossonay, Pierre Grundlehner, expérimente le procédé sur des vins haut de gamme depuis fin 2014. Il compte 2 fr. par dl pour l’amortissement et le renouvellement des capsules d’argon.