Le spectre électromagnétique (voir image)
Le rayonnement électromagnétique se manifeste sous la forme d’une onde électrique et d’une onde magnétique qui se déplacent ensemble à la vitesse de la lumière.
- Le champ électrique est dû à l’existence d’une différence de potentiel électrique – comme, par exemple, entre les deux pôles d’une pile. Il apparaît dès qu’un appareil est branché sur une prise de courant, même s’il est éteint.
- Le champ magnétique est engendré par le déplacement des charges électriques, et n’apparaît donc que lorsqu’on enclenche un appareil.
On classe généralement les champs électromagnétiques en fonction de leur fréquence (nombre d’oscillations de l’onde en une seconde).
La lumière est le seul rayonnement visible par l’œil humain; les autres sont soit au-delà de sa capacité de perception (rayonnements ionisants), soit en deçà (rayonnements non ionisants).
L’électrosensibilité fait débat
L’être humain ne dispose pas d’organes spécifiquement prévus pour percevoir les champs électromagnétiques de basse fréquence. A l’inverse des rayons ionisants (rayons UV, rayons X ou radioactivité), dont l’effet délétère sur les organismes a été clairement démontré, l’impact des rayonnements non ionisants sur la santé est plus incertain et fait l’objet d’un vif débat.
Selon Pierre Zweiacker, chargé de cours à l’EPFL, «il n’est pas établi que quelqu’un puisse ressentir, de manière fiable, des champs au niveau d’intensité concerné par les équipements grand public. Par conséquent, il n’y a pas d’indication qu’une utilisation raisonnable soit nocive.» Dès lors, nos recommandations pour limiter la pollution électromagnétique à domicile laissent notre expert dubitatif: «C’est vrai qu’il n’est pas judicieux de placer trop d’appareils près du lit, même si l’effet sur le sommeil n’est pas clairement établi. Pour le reste, les conseils que vous mentionnez sont probablement plus utiles psychologiquement que physiquement…» Il nuance toutefois: «Si vous laissez une multitude d’appareils allumés en permanence, qui sait? Au nom du principe de précaution, on peut éventuellement s’interroger sur la nécessité d’introduire des normes plus strictes.»
Le nombre croissant de personnes déclarant souffrir d’électrosensibilité laisse, en effet, songeur. Selon l’OMS, elle se caractérise par des symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements), neurasthéniques (fatigue, difficulté de concentration) et végétatifs (nausées, palpitations cardiaques) reconnus comme réels, mais sans qu’un lien de causalité avec l’exposition aux ondes électromagnétiques ait pu être établi. Le soupçon est toutefois suffisamment élevé pour que le Conseil de l’Europe se soit prononcé, en 2011 déjà, pour «fixer un seuil de prévention pour l’exposition aux micro-ondes en intérieur ne dépassant pas 0.6 V/m».