Des réticences qu’on peine à comprendre
Sebastian Chiappero est le CEO du cabinet Sponsorize qui a réalisé, au printemps 2013, un classement du sponsoring fait par les principales banques en 2012. Ces estimations se basent sur les listes des bénéficiaires et le fait que les prix du marché sont connus. Elles ont été intégrées dans le comparatif ci-contre. Selon le spécialiste, les chiffres devraient toutefois être doublés en prenant également les frais d’activation, c’est-à-dire les investissements réalisés par les banques pour faire connaître les actions de sponsoring.
Pour quelles raisons les banques se refusent-elles à communiquer des chiffres précis concernant le sponsoring? «Il est difficile de répondre, commente l’expert. Premièrement, je dirais qu’il y a une raison historique. En Suisse, on considère encore trop souvent cette activité en tant que relation entre personnes et non une démarche qui doit créer de la valeur commerciale, comme c’est le cas en Angleterre ou en Allemagne. Par conséquent, on ne se situe pas dans une approche transparente, et donc concurrentielle. De plus, il y a sans doute une réticence à donner des chiffres, car des cas de surenchère peuvent apparaître.»
Si le sponsoring sportif est souvent fortement représenté, «c’est parce que, pour la culture, il faut plutôt parler de mécénat et de philanthropie», note encore Sebastian Chiappero. Mais ces deux domaines n’auront peut-être pas toujours le quasi-monopole de ces apports d’argent. A l’avenir, les banques pourraient en effet de plus en plus soutenir le développement durable: «C’est un domaine porteur qui permet un bon retour sur investissement, en termes d’image notamment.»
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