Le panier de crabes des appellations
Dans les Pouilles, le talon de la botte italienne, la vigne s’étale sur 110 000 hectares (sept fois et demi la surface viticole suisse) et les appellations d’origine se sont propagées à la vitesse grand V. Elles sont plus d’une trentaine, réparties en quatre DOCG, 28 DOC et six IGT! Car, dans l’Union européenne, ça n’est pas l’Etat, mais les producteurs qui se mettent d’accord et doivent déposer un cahier des charges précis pour chaque dénomination.
Impossible pour le consommateur, dans une telle jungle, de savoir ce qui se cache derrière l’IGP Salento, aussi étiqueté Negroamaro del Salento IGT ou IGT Salento tout court. Et ce qui les distingue des Salice Salentino, DOC/DOP, sur le plan de l’aire d’appellation, des cépages, des méthodes culturales et des rendements! Ces appellations ont, jusqu’à 2015, pour se mettre en conformité avec le nouveau droit européen et choisir entre le «P» («protégée»), plutôt que le «C» («contrôlée»), respectivement le «T» («typique»).
Dès 2009, l’UE a supprimé les «vins de table», remplacés par «sans indication géographiques» (SIG). Mais ces vins peuvent dorénavant mentionner le nom du cépage et le millésime (véridiques à hauteur de 85%), à condition de passer une procédure d’habilitation. En décembre dernier, la Suisse a refusé cette possibilité et maintenu une catégorie de «vin de table suisse» sans indication ni de cépage, ni de millésime, ni de provenance plus précise, pour ne pas créer de confusion avec ses rares «vins de pays» et ses nombreux vins AOC.