Les vins lusitaniens connaissent un succès grandissant en Suisse. Et pas seulement parce que la colonie portugaise est une des plus nombreuses du pays.
Au sud de Lisbonne, à l’arrière de la façade sud de l’Algarve, s’étend l’Alentejo. Vastes plaines, balayées par les vents atlantiques, mais au climat à mi-chemin du continental – avec des hivers froids – et du...
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Selon l’encyclopédique «Wine Grapes», le Portugal cultive 77 cépages autochtones. Mais, en Alentejo, il y a davantage d’assemblages à base d’aragonez, le nom donné ici au tempranillo espagnol, que de touriga nacional, le grand cépage rouge portugais, qui se suffit à lui-même. On y mêle du castelão, connu dans le Douro, et les plus rares alfrocheiro, lui aussi originaire du Douro, et trincadeira, un raisin très foncé, dense à petit rendement, aux arômes marqués d’épices douces. Et, croisé dans l’Hérault (France) en 1855 par Henri Bouschet, à base de grenache et d’aramon, l’«alicante-bouschet» a trouvé sa terre d’élection, à partir du cœur de l’Alentejo, à Herdade do Mouchão, un des domaines emblématiques de cette magnifique région.
Le domaine d’Esporão, 400 hectares d’un seul tenant, où officient les œnologues David Baverstock (australien) et Luis Patrão, étudie l’adéquation entre le sol (schisteux et argileux), le cépage (près de 200 variétés expérimentales plantées sous le soleil de l’Alentejo, y compris du chasselas!) et le climat, de façon à réduire au mieux les traitements et développer une viticulture respectueuse de l’environnement.