Monocépage ou assemblage?
Vieille dispute! Elle est valable en rouge comme en blanc, où deux archétypes français s’affrontent: la Bourgogne, monocépage (pinot noir et chardonnay) et le Bordelais, traditionnellement en assemblage (cabernets sauvignon et franc avec du merlot et du petit verdot, d’une part, sauvignon blanc, sémillon et muscadelle, d’autre part). Ailleurs, la définition est plus diffuse.
Une des justifications légitimes de l’assemblage réside dans le fait que le résultat final devrait être gustativement supérieur à chacun des cépages vinifiés séparément. Moins avouables sont les doubles objectifs de viser une qualité constante pour un produit «standardisé», en jouant sur le dosage de l’un ou l’autre cépage, selon les millésimes (comme en Champagne), ou, plus simplement, d’écouler des cépages plus difficiles à vendre, en les «mariant» à d’autres.
De fait, les assemblages jouent la carte de la discrétion pour le consommateur. Pour Le Héraut, de Provins, il faut aller sur un site internet dédié (www.grands-dignitaires.ch) de la coopérative valaisanne pour connaître ce qui se cache derrière cette ronflante «cuvée de nobles cépages blancs», issue de sauvignon blanc, de pinot gris, de marsanne et de pinot blanc, sans précision du pourcentage de chaque variété. Et, pour la Réserve Hurlevent, le site internet de Manor annonce du chardonnay, de la petite arvine, du pinot gris et de l’amigne, sans plus de précisions.