Syrah ou Shiraz? Le duel entre les Rhodaniens du haut et les Australiens du bas (sous nos pieds…) tourne à l’avantage des premiers. Dégustation d’un rouge puissant, riche et épicé.
Des syrahs, il y en a à tous les prix dans les supermarchés. Celles qui se classent en tête et en dernière place de notre dégustation proviennent du même rayon (Coop), au même prix moyen élevé (14.90 fr.) et,...
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Un cépage clairement identifié et des légendes écartées
L’ADN a révolutionné l’étude des cépages. Il suffit de comparer le profil d’un sujet avec une banque génétique pour confirmer l’arbre généalogique d’un cépage. Ainsi, il y a 15 ans déjà, on a pu écarter toutes les pistes folkloriques de l’origine de la syrah. Les anglophones écrivent toujours shiraz sur les étiquettes, mais ce raisin ne provient pas de la ville iranienne homonyme, contrairement à «la légende persane», comme l’écrit l’ampélologue – savant des cépages – José Vouillamoz, dans son indispensable «Wine Grapes» (2012).
A la suite d’autres scientifiques, le chercheur valaisan a contribué à préciser l’origine de la syrah, après qu'on a su qu’elle est issue d’un croisement naturel entre la mondeuse blanche de Savoie et la dureza de l’Ardèche. Dans ce sens, elle pourrait être l’«allobrogica», mentionné par des auteurs romains, du nom d’une peuplade, les Allobroges, qui habitaient la vallée du Rhône, aux portes de Genève.
José Vouillamoz a proposé plusieurs scénarios de parenté de la syrah avec d’autres cépages alpins, comme le teroldego, le pinot noir, le viognier et la mondeuse noire. Voilà qui éloigne définitivement la syrah de l’île grecque de Syros, du port sicilien de Syracuse ou d’une piste albanaise, et la rapproche indubitablement des Alpes.