L'offre réduite des supermarchés
S’il fallait réduire l’offre de la Sicile et de la Sardaigne aux seuls supermarchés, où les consommateurs suisses achètent plus de 70% des vins importés, le paysage serait bien pauvre. Et pourtant, derrière les désormais (trop) communs nero d’Avola et cannonau de la Sardaigne, les deux îles se profilent avec des vins de haute expression.
A l’est de la Sicile, dans la région de Catane, les vignes montent à l’assaut des terres volcaniques de l’Etna, jusqu’à 1100 m d’altitude (comme à Visperterminen dans le Haut-Valais). On y cultive le nerello mascalese et le carricante, deux cépages locaux, qui donnent des vins à forte personnalité, trahissant les éboulis de lave sur lesquels ils ont prospéré. La Sicile propose aussi des blancs simples et frais. Des vins doux mutés, comme le marsala, et des liquoreux, à base de zibibbo (muscat à gros grains) sur l’île de Pantelleria, en pleine Méditerranée, entre la Sicile et la Tunisie.
Même diversité en Sardaigne, où l'on parle de 200 cépages cultivés depuis la nuit des temps (avant les Romains). Aujourd’hui, le carignano del Sulcis, à la pointe sablonneuse sud-ouest de l’île, est réputé. Sur le même versant, la région d’Oristano donne naissance à la Malvasia di Bosa, très originale, tandis qu’au nord-est, granitique, la seule dénomination d’origine contrôlée et garantie (DOCG) de l’île concerne un vin blanc, le Vermentino di Gallura. Cette belle diversité, absente des supermarchés helvétiques, invite à pratiquer l’œnotourisme sur place.