Un marché de niche
Coop, très présent dans le bio en Suisse, a commandité, de 2008 à 2012, une enquête par téléphone sur la cote de popularité des produits bio en Suisse. Selon l’Institut Link, 64,5% des Suisses «font attention à la qualité biologique» des légumes, 55% des viandes et des volailles, 42% des produits laitiers, 32,7% du pain, 25,4% des textiles et, bon dernier, 15,3% des vins.
Un quart des sondés (23,4%) disent ne faire attention au bio pour aucun de ces produits. Les Alémaniques sont beaucoup plus timides et n’étaient même que 9,3% attentifs au vin bio, contre 29,5% des Romands en 2012.
De quoi donner raison à un négociant en vins bio basé à Bordeaux, Thomas Allewaert, qui, à la fin de mars, sur le site internet du quotidien français Sud-Ouest, affirmait: «En France, le vin bio a deux clientèles: celle qui ne consomme pratiquement que du bio et une autre qui choisit une bouteille bio pour elle-même. Le tout demeure toujours une petite niche.» Le négociant constatait que, en France, 7% des vignes sont cultivées en bio certifié et «les conversions se multiplient dans le vignoble. Mais, en face, les consommateurs ne sont pas toujours là.» Pessimiste, il prédit «un engorgement du marché des vins bio».
On n’en est pas encore là, tant le choix des vins bio dans les supermarchés, où les Suisses achètent 70% des vins, reste limité.