La dôle, un assemblage à géométrie variable
Le fendant et la dôle sont les deux vins les plus connus des consommateurs suisses. Une bouteille de vin rouge valaisan sur deux achetée dans les grandes surfaces est une dôle, soit une bouteille de rouge toutes provenances confondues sur vingt, selon le calcul de l’Institut d’études de marché Nielsen.
Jusque dans les années 1930, rappelle l’«Histoire de la vigne et du vin du Valais», les vignerons mélangeaient les cépages à la vendange. La dôle fut d’abord le nom donné au pinot noir, avant que le gamay, plus productif mais moins bien payé, ne vienne le rejoindre dans cet assemblage, défini par un arrêté du Conseil d’Etat valaisan en 1941. En 1958, le Valais dut renoncer, par décision du Tribunal fédéral, à revendiquer le droit à l’exclusivité du mot «dôle», produite par la famille vaudoise Duboux, à Epesses, depuis le XIXe siècle. Elle fait d’ailleurs toujours exception, sous plusieurs étiquettes.
En 1982, le Valais introduit l’appellation d’origine contrôlée (AOC). Selon le règlement en vigueur, «La Dôle est un vin AOC du Valais issu de pinot noir pur ou d’un assemblage de cépages rouges comprenant au moins 85% de pinot noir et de gamay, part dans laquelle le pinot noir domine.»
Quand elles ont une contre-étiquette, les dôles de supermarché affirment ne contenir que du pinot noir et du gamay qui, à eux seuls, couvrent 45% du vignoble valaisan (2220 hectares). Dans le vignoble vaudois, aux 925 ha de pinot et de gamay cumulés, s’ajoutent 240 ha de gamaret et de garanoir (contre 110 ha en Valais).