EN DÉTAIL
Une législation qui s’adapte à l’âge des véhicules
L’accident de bus scolaire survenu à Salins (VS), en 2004, a indéniablement modifié l’approche sécuritaire du transport des écoliers. Mais ce n’est qu’en 2008 que les banquettes longitudinales ont été interdites. Les véhicules immatriculés avant 2006 ont néanmoins pu conserver leurs bancs latéraux; mais, depuis le 1er janvier 2010, ils doivent tous être équipés de ceintures de sécurité. Et, dans les bus scolaires mis en circulation à partir du 1er août dernier, les sièges de dimensions réduites ne sont autorisés que s’ils répondent à une norme européenne spécifique. En bref, les exigences dépendent de la date d’immatriculation des véhicules.
En termes de responsabilité, l’ordonnance sur la circulation routière du 1er avril 2010 stipule que les conducteurs doivent s’assurer que les passagers de moins de 12 ans sont correctement attachés. Mais, à l’instar de toutes les dispositions légales précitées, seul le transport privé est concerné. Dès qu’il s’agit de lignes publiques, ces prescriptions tombent, à l’image du port de la ceinture qui reste facultatif.
«Ce serait financièrement et logistiquement irréalisable d’imposer la ceinture dans les transports publics, estime Moreno Volpi, porte-parole du TCS. Mais il est vrai que la question est légitime pour les bus publics qui transportent des enfants sur une autoroute ou sur des routes de montagne. Raison pour laquelle le TCS recommande de toujours s’attacher lorsqu’un dispositif le permet.»
ÉCLAIRAGE
Les accidents mortels sont extrêmement rares
Ce crash-test a démontré le niveau de sécurité insuffisant des banquettes latérales. Mais les statistiques révèlent aussi que les accidents de bus scolaires ont rarement des conséquences dramatiques: entre 1992 et 2011, ils ont causé la mort de deux écoliers.
Toute victime est une victime de trop. Mais, par rapport aux 525 enfants qui ont trouvé la mort dans un accident de la route au cours de la même période, les risques encourus dans les bus scolaires sont très faibles. Idem pour les blessés graves (0 à 14 ans) en l’espace de vingt ans: 22 dans les bus scolaires sur une totalité de 9508 cas dans les accidents de la route.
Les plus pragmatiques s’interrogeront donc sur la pertinence d’interdire les banquettes latérales, sachant que la législation va les faire disparaître progressivement. «On ne peut pas accepter de transporter des enfants dans des conditions qui ne sont pas optimales. Il est vrai que les cas dramatiques ont été rares au cours des vingt dernières années. Mais il suffirait d’un accident pour chambouler les statistiques», rétorque Moreno Volpi, porte-parole du TCS.
Quoi qu’il en soit, les chiffres prouvent que le transport scolaire reste globalement sûr. S’il est toujours possible de faire pression sur les communes qui exploitent d’anciens véhicules de les rem placer par des plus récents, il faut surtout savoir qu’il est totalement absurde de préférer emmener son enfant en voiture privée pour des raisons de sécurité. D’autant que le bal des autos devant les écoles est un danger avéré pour les enfants.