La consécration par le marché local
Avec 20% du vin consommé en France, contre 7% il y a 25 ans, le rosé occupe une place importante du marché hexagonal. Nos voisins sont d’ailleurs le principal acteur en la matière, avec près de 30% de la production et 33% de la consommation mondiales. France, Etats-Unis, Espagne et Italie concentrent 85% de la production et 70% de la consommation des rosés de la planète. Ce sont les chiffres que cite une «bible» (336 pages), sobrement intitulée «Le vin rosé», publiée en 2009 chez le prestigieux éditeur bordelais Féret.
Et la Suisse? Les chiffres font défaut, comme toujours, puisque les statistiques mentionnent uniquement la couleur du raisin encavé. Pour le rosé, la matière première est obligatoirement rouge, à l’exception d’un peu de pinot gris toléré en ouillage dans l’œil-de-perdrix neuchâtelois. Il y a quelques années, l’Union européenne avait remis en question ce principe d’élaboration du rosé, sous la pression de l’Espagne, qui aurait voulu mélanger beaucoup de vin blanc à un peu de rouge, pour écouler ses stocks... Cette mixture est interdite, à une principale exception: le champagne rosé. Ce dernier participe aussi à la mode du rosé, particulièrement en Suisse. Et le rosé est, assurément, la couleur la plus courante des premiers vins jamais produits, des «vins gris», quand on ne connaissait pas les méthodes d’extraction de la couleur des peaux des raisins rouges.
Depuis, l’œnologie est née… et le rosé prospère plus que jamais!