Des AOC vaudoises très élargies
Le millésime 2010 marque l’entrée en force, sans exception, de la nouvelle législation sur les vins vaudois. Les appellations d’origine contrôlée (AOC) sont désormais régionales (AOC Lavaux, AOC La Côte, etc.). Et l’indication du «lieu de production» (pour notre sélection: Saint-Saphorin, Morges, Luins, Epesses, Féchy) signifie que, au moins, 60% du vin contenu dans la bouteille provient de cet endroit, complété par 40% de l’AOC régionale, le tout pouvant être coupé à hauteur de 10% par du vin blanc vaudois, selon le droit fédéral.
Alors, reconnaît-on davantage la provenance des raisins ou le style de vinification d’un œnologue? La question reste ouverte, mais le fait est que les Vaudois ont procédé à un nivellement de leurs terroirs. L’Union européenne ne le tolérerait pas: lorsqu’un lieu géographique est mentionné sur une étiquette, 85% du contenu du flacon doit provenir de ce lieu!
Cette simplification des AOC communales devrait être compensée par l’authenticité accrue des «Grands Crus», où 90% du contenu de la bouteille provient du site mentionné sur l’étiquette. Dans notre dégustation, sans démériter, le Château de Luins se positionne au milieu du tableau, tandis qu’un dézaley, si prestigieux sur le papier, finit tout bonnement en queue de classement. Confirmation que l’indication géographique n’est aucunement un gage de qualité.