Des liens de famille révélés grâce à l’ADN
«Primitivo» ne veut pas dire primitif, mais précoce: ce raisin très foncé et charnu se cueille dès la mi-août. Il présente une particularité: une partie des baies se dessèchent et toutes les grappes ne mûrissent pas uniformément. Certains producteurs recherchent carrément une forme de passerillage sur souche et vendangent en plusieurs fois.
Le primitivo a valu la gloire à la Californienne Carol Meredith, en 1993. Un quart de siècle plus tôt, un de ses collègues de l’Université de Davis avait déjà émis l’hypothèse que le zinfandel et le primitivo, c’était bonnet blanc, blanc bonnet. Carol Meredith a pu le prouver par la recherche ADN sur les cépages. Les scientifiques ne se sont pas arrêtés là. Certains ont pu remonter aux origines du primitivo, en démontrant qu’il est parent du plavina et du plavac mali, des variétés de la côte dalmate (Croatie et Monténégro), par leur père, le crljenak kastelanski… qui n’est autre que le primitivo-zin’ local.
La présence dans les Pouilles de ce raisin balkanique serait due à Marc-Aurèle (121–180 après J.-C.), bien avant les invasions des Germains, des Normands et des Espagnols. Aujourd’hui, les producteurs de vin des Pouilles visent l’exportation et la montée en gamme de leurs vins. La Suisse représente pour elles un marché important (11% de l’export).