Des «pirates» venus du Nord
Sous réserve des 15% de complément d’un autre cépage, comme toujours en Europe sauf cahier des charges plus sévère, les vins monocépages italiens sont variés dans les supermarchés. C’est là que nous sommes allés chercher trois vins «pirates», le qualificatif donné à des spécimens hors série dans une dégustation à l’aveugle.
Deux d’entre eux, le Lagrein et le Teroldego Rotaliano, du Haut-Adige et du Tyrol (nord de l’Italie), ont fait leur discrète apparition. Ils n’ont rien à voir originellement avec le montepulciano, mais ils partagent avec lui une certaine rusticité. Et ces trois cépages peuvent aussi être cultivés à gros rendement, selon les clones plantés et les objectifs économiques désirés… La dégustation a démontré que les deux vins «nordistes», à prix décents (13.90 fr. pour le Lagrein de Coop, 5.9 fr. pour le Teroldego de Lidl), sont plus intéressants que n’importe lequel des montepulcianos, qu’ils soient chers ou non.
Une autre «parenté» s’est révélée: plusieurs vins du centre de l’Italie sont embouteillés dans le nord (région de Vérone). Pour la bonne bouche, le troisième «pirate» est un mélange de raisins de toutes les régions, où, précise un carnet attaché à chaque bouteille, «on y découvrira tous les caractères de l’Italie, en commençant par les arômes frais du nord plus froid jusqu’à l’enlacement sensuel du chaud sud» (signé le «winemaker» – sic !). Un «vino rosso Italia», sans millésime, comme le veut la loi, vendu tout de même 7.99 fr. par Aldi et qui n’a guère séduit le jury.