Une panoplie d’AOC toujours plus complexe
Pas facile de se retrouver dans ce que les Français nomment encore les AOC – appellations d’origine contrôlée – et que l’Union européenne devrait faire basculer dans les DOP – les dénominations d’origine protégée. Les Côtes-du-Rhône connaissent ce régime depuis 1937. Soit juste après leur fleuron, Châteauneuf-du-Pape, octogénaire en 2011.
Les Côtes-du-Rhône, des portes de Lyon à celles d’Avignon, couvrent 60 000 hectares, soit quatre fois la surface de la Suisse viticole! C’est la deuxième région AOC de France, derrière le Bordelais, avec un cinquième du vignoble tricolore. Les vins génériques (38 000 ha sur 171 communes) sont obligatoirement des assemblages, de 45% de grenache au minimum, complété par des cépages principaux, syrah et mourvèdre, et des cépages secondaires (à hauteur de 30% au maximum), cinsault, carignan et counoise.
Il existe, dans 90 communes, des «côtes-du-rhône villages» (10 000 ha) sans indication géographique. Ils disparaissent au fur et à mesure que les villages ont droit à leur mention sur l’étiquette, 18 actuellement, dont les derniers Signargues, Puyméras, Massif d’Uchaux et Plan de Dieu.
Au sommet de la pyramide, 17 «crus»: un tiercé célèbre (Côte-Rôtie, Hermitage et Châteauneuf-du-Pape), mais aussi les réputés Gigondas, Cornas, Condrieu et Tavel, et les moins connus Vacqueyras, Rasteau, Vinsobres et Beaumes-de-Venise.
Pour le producteur, selon que son raisin soit vinifié en côtes-du-rhône ou en gigondas, le prix payé à l’hectolitre passe du simple au quadruple, de 100 à 400 euros!
Le consommateur, lui, y perd son latin.