Une querelle d’anciens et de modernes
Si le barolo compte, avec le brunello toscan, parmi les vins les plus prestigieux d’Italie, le Piémont viticole s’est profondément transformé depuis un demi-siècle. Entre bosquets de noisetiers et cultures, la viticulture a conquis les collines. Barbaresco doit ses lettres de noblesse à Angelo Gaja, 70 ans cette année. Ce rénovateur de l’image des vins du Piémont a révolutionné la vinification en mettant en avant la notion de cru. Ses Sori San Lorenzo et Sori Tildin comptent parmi les vins les plus chers d’Italie. Au Piémont, «sori» signifie sommet de colline. Notre vainqueur est l’un d’eux, même s’il n’est pas répertorié par l’«Atlante delle vigne di Langa», publié en 2000 par Slow Food.
Ces vingt dernières années, le Barolo a connu une querelle d’anciens et de modernes, résumée par Angelo Peretti dans «Vini e spumanti i migliori d’Italia» (Giunti Demetra, 2009). Il classe Gaja comme «le plus grand».
Parmi les traditionnalistes, Giacomo Conterno, Giuseppe Mascarello, Prunotto (qui appartient à Antinori), Renato Ratti et Bruno Giacosa. Dans les «barolistes» novateurs figurent Elio Altare, Domenico Clerico, Conterno Fantino, Marco Parusso, Luciano Sandrone, Paolo Scavino et les deux Voerzio, Gianni et Roberto, tandis qu’une troisième voie est empruntée par Aldo Conterno, Batasiolo, Ceretto, Oddero ou Vietti, à mi-chemin des anciens et des modernes. Il suffit de déambuler dans les œnothèques d’Alba, un samedi matin de marché, pour vérifier que les meilleurs crus des uns et des autres se négocient à 100 euros la bouteille et au-delà.