La pression monte à Logroño
Cette dégustation, agendée de longue date, tombe pile dans l’actualité automnale: le 11 septembre, les producteurs de raisins qui livrent la matière première aux 376 caves de vieillissement de la Rioja, entretenant un parc de 1,2 million de barriques, sont descendus dans la rue. Ils réclamaient un «prix digne» pour le kilo de raisin. Celui-ci est payé autour de 60 centimes suisses, alors que les coûts de production sont évalués à 80 centimes.
A la fin d’août, le Conseil régulateur du rioja a décidé de limiter la récolte 2010 à 585 g par m2, au lieu de 650 g par m2, le plus bas rendement depuis 1995, avec une série de mesures, comme la diminution de la quantité de jus par kilo de raisin (de 70 à 69 litres) et un plafond limite de classement (PLC), qui permet de bloquer une partie du vin, en attendant des jours meilleurs. Les caves ont plus de trois ans de réserve dans leurs chais, à cause du système de vieillissement, mais aussi de la crise économique. En 2008, les ventes ont baissé de 7,5%.
Près d’un tiers du rioja est exporté. La Suisse occupe le quatrième rang, avec 6,2 millions de litres (8% du rioja exporté; le quart des vins espagnols importés dans notre pays), juste derrière les Etats-Unis. Le Royaume-Uni (36%) et l’Allemagne (17%), deux marchés où la pression sur les prix à la vente est très forte, sont les plus importants.