A boire et à manger
Difficile de conseiller les vins dégustés sur des plats, sinon sur de la charcuterie ou de la cochonnaille, l’acidité atténuant les effets du gras… Et l’humagne rouge sur la chasse? Les fins palais valaisans dégustent une bonne humagne plutôt sur de l’agneau et réservent au gibier les syrahs, plus riches en alcool et en arômes poivrés et épicés.
Les spécialités valaisannes prises en ciseaux
Selon une étude de l’Observatoire du vin en grande distribution en Suisse, géré par l’Université de Lausanne et l’Etat du Valais, 156 500 litres d’humagne rouge se sont vendus dans les supermarchés l’an dernier (contre 62 000 litres en 2006), soit 15% de la production du 2007. Les ventes de cornalin ont progressé quant à elles de 22 000 à 38 400 litres (6% de la production) dans le même laps de temps.
Mais, en quatre ans, le prix moyen du litre d’humagne a aussi baissé de 21.50 fr. à 17.80 fr., et celui du cornalin, de 28.30 fr. à 21.15 fr. Le rapport, publié en septembre, tire la sonnette d’alarme: «On assiste à un effet de banalisation des spécialités valaisannes, prises dans un effet de ciseaux: augmentation de leur part de marché et baisse de prix simultanément. Ce phénomène, s’il perdure, peut mettre en danger la valeur même des spécialités valaisannes.»
Quant à la qualité, elle n’est pas encouragée par les limitations de récolte: le Valais se contente du quota fédéral de 1,2 kg au m2 pour ses rouges d’appellation d’origine contrôlée (AOC). Même si Provins, par exemple, assure que, en 2008, la quantité d’humagne rouge livrée à la cave par les coopérateurs n’a pas dépassé 880 g. au m2 et celle de cornalin 680 g…
Bonne nouvelle pour conclure: le magnifique automne 2009 devrait permettre de récolter des cornalins et des humagnes autour de 95° Oechslé, soit une douzaine de plus qu’en 2008. A vérifier, verre en main, dans quelques mois!