Des cousins du Sud-Ouest pour requinquer le Bordelais
Comme le tannat (cépage du Madiran) en Uruguay, le malbec vient du Sud-Ouest.
A Cahors, c’est le côt ou auxerrois du «black wine», le vin noir. A Bordeaux, le malbec reprend son nom, mais est appelé aussi pressac, un lieu-dit de Saint-Emilion. Quant à la carménère, elle se nommait grande vidure, à Bordeaux.
Le malbec a mieux résisté dans le Bordelais que la carménère (qu’on peut écrire «le carmenère»). A la faveur du réchauffement climatique, les deux cépages, déjà autorisés dans le Bordelais, y compris dans les meilleures appellations (sauf la carménère, proscrite à Pomerol), sont replantés à une plus large échelle.
Ce printemps, à Saint-Emilion et ses satellites, les vignerons ne parlaient que d’un sujet encore tabou: l’élargissement de l’encépagement, qui pourrait s’ouvrir à la syrah et au tempranillo. A condition de n’être plantés qu’à hauteur de 25% et, selon les cahiers des charges des AOC crus ou grands crus, d’être obligatoirement assemblés, voire interdits d’assemblage au plus haut niveau.
Avec quoi les boire?
Grâce au climat favorable de l’Argentine et du Chili, malbec et carménère donnent des vins riches et pleins. Le premier convient au gaucho de la pampa, amateur d’empanadas (rissoles à la viande) et d’une pièce de bœuf grillée à l’asador d’une churrasqueria.
Le malbec accompagne aussi la viande de cheval. Quant à la carménère, avec sa touche végétale de «piment vert» que les Chiliens apprécient, elle peut se marier à des plats en sauce épicés, mais aussi à des salades et à des pâtes (spaghettis à la bolonaise).
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