Une question d’étiquette
Dans la nouvelle législation suisse sur le vin, «eurocompatible», les Valaisans auraient voulu réserver le nom de certains cépages (dont l’amigne et la malvoisie) à la seule appellation d’origine contrôlée (AOC) valaisanne. Berne devrait dire non: cépages et origine sont deux domaines séparés, le premier appartenant à tous, le second protégeable par des règles différenciées. Mais rien n’empêche, aujourd’hui, d’affirmer clairement l’origine d’un cépage, comme en témoigne l’«Amigne de Vétroz» (1re) et la «Malvoisie du Valais» (4e). Encore faut-il savoir ce qu’est l’amigne et où se situe Vétroz ou le Valais…
A l’opposé, les vins pour «nouveaux consommateurs» en révèlent le moins possible. Tant «Uvanomine» que «Tendance 9» restent vagues. La ligne d’UVAVINS se contente de définir le type de produit sur l’étiquette, «fuité et frais» (Ambre), «fruité et harmonieusement boisé» (Topaze). «Vins de pays», ils sont pourtant issus de raisins produits selon les AOC genevoise et vaudoise.
Avec quoi les boire?
A table, les pinots gris secs s’accommodent de poissons fumés (truite, plutôt que saumon) ou d’un tartare de poisson, et pour le plus tendre (le 8e du tableau) et les amignes, de plats asiatiques. Le vainqueur du jour affiche «deux abeilles» (sur trois), un symbole propre aux encaveurs de Vétroz, pour signaler que cette amigne contient entre 9 et 25 grammes de sucre résiduel (une abeille indique moins de 8 g. de sucre et trois, plus de 25 g). Une tarte aux abricots lui conviendra.