Salut les copeaux!
Le monde à l’envers… Un vin des antipodes, le chardonnay de Peter Lehmann (contrôlé par le groupe suisse Hess), indique sur son étiquette «unoaked» (non boisé). Donnant les plus grands crus de Bourgogne, comme le Montrachet ou le Corton-Charlemagne, élevés en barrique de chêne neuf et «bâtonnés» (c’est-à-dire l’action d’agiter les lies pour donner du gras au vin), le chardonnay fait aussi l’objet des traitements de l’œnologie moderne.
Impossible aux papilles de distinguer si le vin bourguignon, classé deuxième, l’australien, quatrième, ou le toscan, cinquième, ont connu de près ou de loin un contenant en authentique chêne de la forêt du Tronçais ou des «cheaps» (copeaux), voire des «douelles» (planches plongées dans les cuves), pour leur conférer un douteux goût de bois…
En Suisse, qui s’est alignée au 1er janvier 2007 sur le monde, seule la tromperie est punissable. Ainsi, un vin vaudois avec un puissant goût de chêne n’a aucune obligation de mentionner le procédé nécessaire à cette aromatisation. Mais, si le vigneron affirme, sur l’étiquette, avoir élevé son vin en barrique et qu’il a utilisé des copeaux, alors, il est amendable, explique le chimiste cantonal vaudois, Bernard Klein. Encore faut-il le prouver: pas question de mettre un gendarme dans chaque cave.